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Perturbateurs endocriniens : faut-il s’inquiéter ?

Chère amie, cher ami,

Le 20 mars dernier, je me suis rendu à Poitiers à l’Université de médecine pour participer à un colloque sur les perturbateurs endocriniens. Cet événement était organisé avec l’aide du réseau Environnement Santé.

Ce réseau a pour objectif “de mettre la santé environnementale au cœur des politiques publiques”. Il a permis l’interdiction du Bisphénol A. 

Y accéder a été un peu compliqué pour moi. Cela dit, une fois sur place, j’ai passé un moment précieux. Les débats ont été instructifs. J’en ai tiré deux lettres pour vous. Voici la première. J’y précise les grands enjeux liés aux perturbateurs endocriniens.

La prochaine lettre sera consacrée aux solutions pratiques pour faire face à leur omniprésence dans nos vies.
 

Une information qui se mérite !

Ce matin-là, je me rends à l’université de médecine de Poitiers. A première vue, c’est facile : Il y a un train, puis un bus. 

Mais une fois arrivé à la gare, il m’est impossible de trouver le bon arrêt de bus ! Je cherche un long moment.  Il faut se rendre sur le viaduc. Là est l’arrêt de bus de la ligne 1 (bleue), qui se rend au campus universitaire. C’est à 300 mètres de la gare. On y accède, soit par une passerelle avec des escalators menant au parking, soit par l’ascenseur. C’est simple, une fois que l’on connaît l’astuce !

Je vous dis cela au cas où, un jour vous vous rendiez à la faculté de médecine de Poitiers en transport en commun. Ce jour-là, rappelez-vous de ma lettre, vous gagnerez une demi-heure !

Le bus s’arrête le long d’une route au milieu des champs. Un peu plus loin se trouvent des bâtiments modernes. Ce sont de grands blocs de béton, séparés par des parkings. C’est l’un des technopôles du grand Poitiers : un dédale !

J’entre au hasard dans l’un d’entre eux. C’est un bâtiment de biologie. L’accueil est déserté. Le grand hall vide. Angoisse.

Finalement, j’entends des pas dans un couloir. Une charmante étudiante en blouse blanche sort d’un laboratoire : c’est un éclair lumineux dans une matinée qui commence à être grise. Elle m’indique la faculté de médecine : c’est de l’autre côté de la route. Encore 500 mètres à marcher. J’y suis. Ouf ! 

Aller chercher une information de qualité demande souvent un peu de détermination !
 

Une réunion institutionnelle

Cette conférence est organisée par le Réseau Santé Environnement. Le programme est technique mais intéressant.  Nous passons en revue les grandes définitions concernant les perturbateurs endocriniens, puis différents experts ont présenté leurs travaux.

Différentes équipes de chercheurs sont, en effet, en train d’étudier la question des effets des perturbateurs endocriniens sur l’environnement ou la santé humaine.

Les résultats de leurs études sont alarmants :
 

  • Nous sommes en permanence exposés aux perturbateurs endocriniens.
     
  • Ceux-ci ont un effet néfaste sur notre système endocrinien (nos hormones). Ils abîment notre santé et plus particulièrement celle des enfants. Ils jouent notamment sur la fertilité et les cancers hormonodépendants.
     

Ce colloque réunit de nombreux universitaires. La région Nouvelle Aquitaine et l’Agence régionale de la Santé sont représentées. La journée est introduite par de haut-fonctionnaires de la région, avant que les chercheurs invités ne livrent leurs conclusions.

Toutes ces huiles sont d’accord : la situation est très inquiétante.

Cela veut dire, une fois de plus, que nos autorités politiques et administratives sont parfaitement au courant de la situation sanitaire dégradée dans laquelle nous nous trouvons.

Mais personne n’est disposé à agir efficacement pour limiter la pollution chimique qui menace notre santé. Il est vrai que l’effort à consentir paraît considérable. Il faut envisager un abandon progressif du pétrole et de ses dérivés comme les plastiques ou, les engrais.

Personne, au niveau politique, semble prêt à faire le pas. En attendant, on se contente donc d’organiser des colloques et d’accumuler des constats négatifs...

Si la réponse politique tarde, il est bon, à titre individuel de savoir quels risques nous encourons et surtout comment nous pouvons les éviter. C’est aussi pour cela que je me suis rendu à Poitiers.
 

Qu’est-ce que les perturbateurs endocriniens ?

Commençons par la théorie.

Un perturbateur endocrinien est une substance chimique qui perturbe le système hormonal.

On les appelle aussi « xénohormone », c’est à dire, littéralement “hormone étranger au corps” ou encore “leurre hormonal”.

Ces molécules ressemblent beaucoup à nos hormones naturelles. En effet, elles viennent souvent (mais pas toujours !) de produits dérivés de l’industrie pétrochimiques.

Or le pétrole est le fruit de la lente décomposition de végétaux pendant des millions d’années. Les molécules issues du pétrole sont donc proches structurellement des molécules vivantes. Mais évidemment, ce sont des molécules fossiles.

Elles ne permettent pas au corps et aux êtres vivants de bien fonctionner. C’est même pire que cela, elles viennent interrompre (perturber) les messages chimiques diffusés dans nos corps pour vivre.

Il existe d’autres molécules chimiques qui “perturbent” les hormones.

Ce sont :
 

  • Le tabac,
     
  • Les métaux lourds,
     
  • Les hormones de synthèse,
     
  • Certains médicaments,
     
  • De nombreux dérivés de l’alcool utilisé à des fins industriels (parabènes), etc.
     

Nos systèmes internes de communication déséquilibrés

Même s’il s’agit de mécanismes complexes, il est facile de comprendre comment nos corps fonctionnent et interagissent avec leur environnement.

Nous avons deux grands réseaux de communication : l’un est électrique, c’est le système nerveux ; l’autre est chimique, c’est le système hormonal.

Toutes nos vies et nos états d’âme sont conditionnés par ces deux systèmes de communication.

Les hormones sont sécrétées par certains organes du corps : thyroïde, glandes diverses, ovaires, testicules… Elles sont produites, transportées, réceptionnées... Elles véhiculent les messages urgent de notre corps.

L’équilibre de ce système est fragile, surtout au début de la vie : le fœtus, l’embryon, le nourrisson et le jeune enfant sont particulièrement sensibles aux perturbateurs endocriniens.

Gare à la dérégulation !

Les perturbateurs endocriniens peuvent avoir de terribles effets sur la santé, notamment :
 

  • Altérer la croissance des fœtus, des embryons, des enfants,
     
  • jouer sur l’humeur,
     
  • détruire l’énergie d’une personne ou son sommeil,
     
  • perturber la circulation du sang,
     
  • abîmer les fonctions sexuelles et la fertilité.
     

L’ère industrielle 

Pendant des siècles, nos systèmes de communication interne ont pu s’exprimer sans problème. L’ère du charbon, puis du pétrole ont changé la donne.

Nous sommes exposés quotidiennement à de nombreux produits chimiques de synthèse.

Ils sont présents dans l’air ou dans l’eau. Ils sont sur les objets de consommation courantes : mobilier, jouets, ustensiles de cuisine. On les trouve dans les cosmétiques, les aliments, les emballages, les produits ménagers, même les vêtements !

La production de produits chimiques de synthèse est passée de 1 à 400 millions de tonnes en 100 ans (1).

Ce développement sans précédent de la chimie a révolutionné nos vies. Ces produits ont permis de réduire drastiquement les prix des biens de consommations produits par l’industrie.

En mettant du plastique partout plutôt que des matériaux nobles et naturels, les industriels ont pu produire des objets en masse. Les prix ont baissé. Tout le monde a eu chez soi à des prix abordables : des appareils électriques, du mobilier bon marché, mille et un ustensiles de cuisine, de bricolage ou de décoration…

Ce sont aussi tous les produits nettoyants ou cosmétiques de synthèse, mais également les peintures, les teintures, tous les matériaux composites dérivés du pétrole : tous les plastiques, les mousses, les textiles…

Levez la tête un instant. Regardez autour de vous. Nos vies en sont remplies !

Tout a changé autour de nous. Nous ne nous en sommes à peine rendus compte. Nos voitures, nos chambres à coucher, nos cuisines, nos bureaux, nos aires de jeux… tout !

Mais il y a un prix à payer pour ce nouveau mode de vie industriel de plastification généralisée.

Ces produits de synthèse ont des effets importants dans de nombreux domaines :
 

  • Pollution des cours d’eau,
     
  • atteinte de la couche d’ozone,
     
  • multiplication des déchets toxiques,
     
  • pollution de l’air,
     
  • émission de gaz à effet de serre,
     
  • pollution des écosystèmes et destruction de la faune et de la flore sauvage,
     
  • dégradation de la santé humaine dès le stade embryonnaire.
     

Pour de nombreux scientifiques l’explosion actuelle des maladies chroniques non infectieuses s’explique en partie par l’exposition aux produits chimiques.

D’après Christopher Wild, Directeur du Centre international de recherche contre le cancer, rattaché à l’OMS :

 “80 à 90% des cancers sont liés à notre mode de vie et à l’environnement. Cela inclut la nutrition, la sédentarité, le tabagisme, l’alcool, le stress, les médicaments, l’exposition chimique et les infections.
 


Annonce spéciale

Le 2 juin 2018 une journée exceptionnelle de conférences à lieu à Louvain-la-Neuve (Belgique).

Seront réunis des médecins de renommée internationale et notamment, le Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue et grand spécialiste de la dysbiose et du microbiote et le Dr Isabelle Farbos, spécialiste de santé environnementale.

Elle a participé à de nombreuses publications sur les perturbateurs endocriniens, notamment en Scandinavie où l’espérance de vie en bonne santé est supérieure de 10 ans à celle que l’on connaît en Belgique ou en France.

Cette journée est ouverte à tous !

Programme complet et inscriptions au colloque ici. (Le déjeuner est compris dans l’organisation de la journée).
 


Quels sont les perturbateurs endocriniens les plus connus?

Parmi les substances nocives connues, j’en ai retenu trois à éviter absolument (je vous dis dans ma lettre de demain comment) : le bisphénol A, les phtalates et les parabènes.
 

  • Le Bisphénol A, utilisé dans la fabrication des plastiques en polycarbonate. Où le trouve-t-on ? Dans les produits suivants (la liste n’est pas exhaustive) : petit électroménager, lunettes, cd, boîte de conserves, canettes, canalisations d’eau, cuves alimentaires et vinicoles, tickets de caisse, composites dentaires… Joie ! Il est interdit dans les biberons depuis 2011. Ouf !
     
  • Les phtalates sont des plastifiants des plastiques en particulier du polychlorure de vinyle (PVC). Vous voulez des phtalates ? Voici une liste d’objets qui en contiennent : câbles électriques, revêtements de sol et de murs, mobilier, gadgets, rouges à lèvres, vernis, crèmes, pommades, médicaments et dispositifs médicaux etc.
     
  • Les parabènes sont des conservateurs répandus, utilisés dans les cosmétiques ou les médicaments. Ils agissent notamment sur la thyroïde.
     

J’ai choisi ces trois-là mais les pesticides, les fongicides, de nombreux revêtements sont tout aussi dangereux !

En fait, le chantier pour se débarrasser des perturbateurs endocriniens est gigantesque !

Cela est vrai au niveau collectif et individuel.

Avant de se poser la question de savoir comment on fait en pratique, il faut savoir les éléments suivants :
 

  • Même à très faibles doses les perturbateurs endocriniens peuvent être nocifs, parfois ils sont plus nocifs à ces doses qu’à des doses élevées.
     
  • Au-delà de la dose, c’est la période qui compte. Il faut absolument éviter l’exposition aux perturbateurs endocriniens chez les femmes enceintes et les petits enfants, ainsi qu’à l'adolescence. Ces périodes de de forte activité hormonales et donc de transformation des humains sont critiques. C’est là que les ravages peuvent être les plus terribles.
     
  • Il existe un effet cocktail. Nous sommes exposés à plusieurs produits chimiques à la fois. Les effets se combinent entre ces produits. Les effets sur notre santé sont alors supérieurs dans ce cas à la somme des effets individuels des perturbateurs endocriniens.
     
  • Les effets négatifs sont transmis d’une génération à l’autre par le jeu de l’épigénétique. On a retrouvé des troubles du comportement jusque-là 4e génération de souris ayant été exposée au Bisphénol A.
     

Je vous livre la suite de ce compte rendu demain !

Naturellement vôtre,

Augustin de Livois

PS : Les clés USB du 3e Congrès International de Santé Naturelle sont disponibles. Attention le stock fond à toute vitesse. Il n’en reste que 23 ! Rendez-vous ici pour vous la procurer.

Tag(s) : #Bien-être, #Astuces, #Santé, #environnement, #Alimentation, #Emotions, #Danger
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